Le contrat d’apprentissage est un contrat de travail particulier qui associe formation théorique en CFA et formation pratique en entreprise. Régi par les articles L.6221-1 et suivants du Code du travail, il a connu un essor considérable grâce aux aides à l’embauche mises en place depuis 2020. En 2026, le dispositif reste attractif pour les employeurs avec une aide financière maintenue, mais les conditions d’éligibilité et les modalités de rupture méritent une attention particulière.
L’aide à l’embauche d’un apprenti en 2026
L’aide à l’embauche d’un apprenti, reconduite pour 2026, s’élève à 6 000 euros pour la première année du contrat. Cette aide est versée mensuellement par l’ASP (Agence de Services et de Paiement) aux employeurs, sans condition de taille d’entreprise pour les apprentis préparant un diplôme jusqu’au niveau master (bac +5). Elle remplace l’ancienne aide unique à l’apprentissage. L’aide est versée automatiquement, sans demande préalable, dès lors que le contrat est déposé auprès de l’OPCO et transmis aux services du ministère du Travail. Pour les années suivantes du contrat, l’employeur bénéficie des exonérations de cotisations sociales propres au contrat d’apprentissage. L’employeur doit s’assurer de l’éligibilité de l’apprenti et du diplôme préparé aux conditions de l’aide en vigueur.
Durée et organisation du contrat
Le contrat d’apprentissage peut être conclu en CDI ou en CDD. En CDI, il débute par une période d’apprentissage correspondant au cycle de formation, suivie de l’exécution du CDI de droit commun. En CDD, sa durée correspond au cycle de formation et varie de six mois à trois ans (quatre ans pour les travailleurs handicapés). L’apprenti partage son temps entre le CFA (formation théorique) et l’entreprise (formation pratique). Le maître d’apprentissage désigné dans l’entreprise doit remplir des conditions de compétence et d’expérience définies par les articles R.6223-22 et suivants. Le temps consacré à la formation au CFA est du temps de travail rémunéré. L’apprenti bénéficie des mêmes droits que les autres salariés (congés payés, protection sociale, couverture complémentaire).
La rémunération de l’apprenti
La rémunération minimale de l’apprenti est fixée en pourcentage du SMIC (ou du salaire minimum conventionnel s’il est plus favorable), en fonction de son âge et de l’année d’exécution du contrat. Pour les apprentis de moins de 18 ans : 27 % du SMIC en première année, 39 % en deuxième année, 55 % en troisième année. Pour les 18-20 ans : 43 %, 51 % et 67 %. Pour les 21-25 ans : 53 %, 61 % et 78 %. Pour les 26 ans et plus : 100 % du SMIC ou du salaire minimum conventionnel. Ces pourcentages sont des minimums : l’employeur peut prévoir une rémunération supérieure. La convention collective applicable peut également prévoir des taux plus favorables. La rémunération de l’apprenti est exonérée de cotisations salariales dans la limite de 79 % du SMIC et exonérée d’impôt sur le revenu dans la limite du SMIC annuel.
Les conditions de rupture du contrat d’apprentissage
Les conditions de rupture distinguent deux périodes. Pendant les 45 premiers jours de formation pratique en entreprise, le contrat peut être rompu librement par l’une ou l’autre des parties sans motif ni indemnité. Après cette période, la rupture est possible par accord des deux parties, par licenciement pour faute grave, pour inaptitude constatée par le médecin du travail, en cas de force majeure ou d’exclusion définitive du CFA. L’apprenti peut également démissionner en respectant les conditions de l’article L.6222-18 (saisine préalable du médiateur de l’apprentissage). La rupture doit être notifiée par écrit au directeur du CFA, à l’OPCO et à la chambre consulaire. L’apprenti bénéficie du droit de poursuivre sa formation au CFA pendant six mois après la rupture.
Les obligations de l’employeur
L’employeur qui recrute un apprenti s’engage à respecter plusieurs obligations essentielles. Il doit assurer la formation pratique de l’apprenti en lui confiant des tâches en rapport avec le diplôme préparé. Il doit désigner un maître d’apprentissage compétent et disponible. Il doit permettre à l’apprenti de suivre la formation au CFA sans retenue de salaire. Il doit inscrire l’apprenti à l’examen et lui accorder un congé de cinq jours pour la préparation des épreuves. Il doit respecter la réglementation sur la durée du travail des apprentis : 35 heures par semaine (des dérogations existent pour certains secteurs), interdiction du travail de nuit pour les mineurs (sauf dérogation). Le non-respect de ces obligations peut entraîner la rupture du contrat aux torts de l’employeur, avec versement de dommages et intérêts.
Optimiser le recours à l’apprentissage
L’apprentissage constitue un levier de recrutement stratégique pour les entreprises. Au-delà de l’aide financière, il permet de former les futurs collaborateurs aux méthodes et à la culture de l’entreprise. Pour optimiser le dispositif, l’employeur doit identifier les diplômes et formations correspondant à ses besoins, sélectionner un CFA de qualité certifié Qualiopi, choisir un maître d’apprentissage impliqué et structurer un parcours de formation cohérent. Le dépôt du contrat auprès de l’OPCO doit être effectué dans les cinq jours suivant le début de l’exécution (article L.6224-1). L’OPCO dispose de vingt jours pour se prononcer sur la prise en charge financière. Le cabinet DAIRIA Avocats conseille les employeurs dans la mise en place des contrats d’apprentissage et la gestion de la relation avec l’apprenti.
📚 Pour aller plus loin
- → Contrat d’apprentissage : conditions, durée et rémunération en 2025
- → Contrat de professionnalisation : conditions et financement 2026
- → Période d’essai : durée, renouvellement et rupture en 2026
- → Période d’essai en CDI : durée, renouvellement et rupture en 2026
- → Contrat de professionnalisation : conditions, avantages et aides employeur en 2025