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Expertises du CSE : recours, financement, contestation par l’employeur

Sofiane Coly Sofiane Coly
28 mars 2026 4 min de lecture
Expertises du CSE : recours, financement, contestation par l’employeur

Le droit du CSE de recourir à un expert constitue l’une de ses prérogatives les plus significatives — et les plus coûteuses pour l’employeur. Comprendre les cas de recours, les règles de financement et les possibilités de contestation est indispensable pour tout dirigeant ou DRH.

Les cas de recours à l’expert-comptable

L’article L. 2315-78 du Code du travail fixe une liste limitative de cas dans lesquels le CSE peut désigner un expert-comptable :

  • Consultations récurrentes : orientations stratégiques, situation économique et financière, politique sociale (articles L. 2315-87 à L. 2315-91)
  • Opérations de concentration (article L. 2315-92)
  • Droit d’alerte économique (article L. 2315-92)
  • Licenciement collectif pour motif économique avec PSE (article L. 2315-92)
  • Offre publique d’acquisition (article L. 2315-92)

Les cas de recours à l’expert habilité

L’article L. 2315-78 alinéa 2 prévoit le recours à un expert habilité dans les domaines de la santé, sécurité et conditions de travail :

  • En cas de risque grave identifié et actuel, révélé ou non par un accident du travail, une maladie professionnelle ou à caractère professionnel (article L. 2315-94)
  • En cas de projet important modifiant les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail (article L. 2315-94)

Le financement des expertises : qui paie ?

Le régime de financement a été profondément remanié par les ordonnances Macron. L’article L. 2315-80 du Code du travail distingue trois régimes :

Expertises financées à 100 % par l’employeur

  • Consultation sur la situation économique et financière
  • Consultation sur la politique sociale, les conditions de travail et l’emploi
  • Licenciement collectif pour motif économique
  • Risque grave en matière de santé, sécurité et conditions de travail

Expertises cofinancées (80 % employeur / 20 % CSE)

  • Consultation sur les orientations stratégiques
  • Consultations ponctuelles (hors licenciement économique)
  • Projet important modifiant les conditions de SSCT

Expertises financées à 100 % par le CSE

  • Expertise libre décidée par le CSE sur son budget de fonctionnement (article L. 2315-81)
À retenir : Lorsque le CSE ne dispose pas de fonds suffisants pour cofinancer à 20 %, l’employeur prend en charge la totalité des frais d’expertise, sauf si le CSE a transféré une partie de son budget de fonctionnement vers les ASC au cours des 3 dernières années.

La contestation de l’expertise par l’employeur

L’employeur peut contester l’expertise devant le président du tribunal judiciaire statuant en référé (article L. 2315-86). Les motifs de contestation portent sur :

  1. La nécessité de l’expertise : l’employeur conteste l’existence même du cas de recours
  2. La désignation de l’expert : conflit d’intérêts, compétence insuffisante
  3. Le coût prévisionnel, l’étendue ou la durée de l’expertise
  4. Le coût final de l’expertise

L’article L. 2315-86 alinéa 2 impose un délai de contestation de 10 jours à compter de la délibération du CSE pour contester la nécessité de l’expertise ou la désignation de l’expert, et de 10 jours à compter de la notification du coût prévisionnel pour contester ce dernier.

Attention : La saisine du juge ne suspend pas l’expertise. L’expert poursuit sa mission pendant la procédure judiciaire, sauf décision contraire du juge.

Les délais d’expertise

L’expert doit remettre son rapport dans un délai encadré par l’article R. 2315-47 du Code du travail : 15 jours avant l’expiration du délai de consultation du CSE. Les délais de consultation sont fixés à l’article R. 2312-6 : 1 mois en principe, 2 mois en cas de recours à un expert, 3 mois en cas d’intervention d’une ou plusieurs expertises dans le cadre de consultation se déroulant au niveau du CSE central et de CSE d’établissement.

Pour contester efficacement une expertise ou sécuriser votre position, DAIRIA Avocats intervient en urgence devant le tribunal judiciaire. Nos outils IA analysent la conformité des demandes d’expertise.

FAQ – Expertises du CSE

L’employeur peut-il refuser de payer une expertise du CSE ?

Non, sauf s’il obtient une décision judiciaire annulant la délibération du CSE. Le refus de paiement constitue un délit d’entrave.

Quel est le délai pour contester une expertise ?

10 jours à compter de la délibération du CSE pour contester la nécessité ou la désignation, 10 jours à compter de la notification pour contester le coût prévisionnel.

Le CSE peut-il désigner l’expert de son choix ?

Oui, le choix de l’expert relève de la seule compétence du CSE. L’employeur peut toutefois contester ce choix en cas de conflit d’intérêts avéré.

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