Les faits
Un salarié avait pris acte de la rupture de son contrat de travail aux torts de l’employeur. L’entreprise a ensuite été placée en liquidation judiciaire. Le salarié a demandé la garantie des AGS pour les indemnités résultant de la prise d’acte.
La question juridique
Les créances résultant d’une prise d’acte ou d’une résiliation judiciaire du contrat de travail sont-elles couvertes par la garantie des AGS ?
La solution de la Cour de cassation
Oui. La Cour opère un revirement de jurisprudence et étend la garantie AGS aux ruptures à l’initiative du salarié (prise d’acte, résiliation judiciaire), conformément à la directive européenne sur l’insolvabilité. La rupture du contrat par le salarié « ne saurait être regardée comme résultant de sa volonté » lorsqu’elle est causée par les manquements de l’employeur.
Analyse côté employeur
Ce revirement augmente le risque de garantie AGS en cas de difficulté économique. Les employeurs en difficulté doivent mesurer que tout manquement contractuel peut désormais générer des créances garanties par les AGS en cas de procédure collective.
Conséquences pratiques pour les DRH
- Traiter sérieusement les manquements contractuels pour éviter les prises d’acte.
- Intégrer ce risque dans l’évaluation des passifs sociaux en cas de difficulté.
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📚 Pour aller plus loin
- → Arrêt Cass. soc., 13 novembre 2025, n° 23-19.055 : Résiliation judiciaire — défaillance du décompte du temps de travail — Analyse employeur
- → Arrêt Cass. soc., 5 mars 2025, n° 23-20.277 : Résiliation judiciaire — imprescriptibilité de l’action tant que le contrat perdure — Analyse employeur
- → Arrêt Cass. soc., 15 janvier 2025, n° 23-19.046 : Heures supplémentaires — charge de la preuve partagée — Analyse employeur
- → Arrêt Cass. soc., 19 mars 2025, n° 22-17.315 : Télétravail — prise en charge obligatoire des frais professionnels — Analyse employeur
- → Arrêt Cass. soc., 10 septembre 2025, n° 23-22.732 : Congés payés et maladie — droit au report — revirement majeur — Analyse employeur